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13/05/2011

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Voici les sites qui parlent de Proposition de loi tendant à réprimer la contestation de l'existence du génocide arménien (04/05/11) :

Commentaires

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Monsieur,

Je comprends votre émotion au sujet du traitement dont est l'objet DSK. D'un autre côté, je déplore qu'aucun de ses amis n'a eu en temps voulu le courage de le sermonner sur ses travers. Si cela avait été fait, on n'en serait peut-être pas là aujourd'hui.

A la responsabilité élevée est attachée inévitablement, lorsqu'il y a chute, conséquences plus lourdes. la chute d'un chêne ne fait pas le même bruit que celle d'un noisetier. Plus que les USA, c'est lui-même qui s'est lynché; L'intelligence ne fait pas le poids face aux démons d'un homme...

Monsieur Badinter,
Je me permets de laisser ici ce commentaire, qui n'a rien à voir avec le beau texte de votre discours ci-dessus, mais avec l'espoir fort mince qu'il vous arrivera malgré tout, comme un naufragé désespéré jetant une bouteille à la mer. Car depuis hier matin, je suis plongé dans un désespoir réel, et de manière incroyable, ce sont vos paroles qui l'ont provoqué.
Pourtant, comme pour beaucoup de français et de "gens de gauche", vous êtes pour moi l'une des rares consciences morale et politique de notre pays à une époque où la morale et la politique sont largement passées de mode ou réduites à leurs plus vulgaires expressions. Quelques-uns de vos livres, et bon nombre de vos interventions m'ont mis souvent les larmes aux yeux. Et je guette en général avec passion vos interventions médiatiques, avec l'espoir, toujours satisfait jusqu'ici, qu'elles apportent de la sagesse, de la réflexion, de la justesse et de l'humanité là où en général, nous n'avons droit qu'à du bruit sans fonds, sans fin.
C'est pourquoi je suis tombé de haut, hier matin en me rasant et en vous écoutant sur France Inter. Je comprends que les réflexes de l'amitié puissent faire perdre quelque raison, même au plus raisonné des hommes (même si j'ai quelque doute sur la réalité d'une telle amitié entre "responsables politiques"). Mais de là à ce que vous preniez si unilatéralement la défense d'un homme, qui loin d'être un pauvre ère à qui l'on veut couper la tête, est l'une des personnalités les plus puissantes, et les plus privilégiées de notre planète, un homme accusé de charges sérieuses, par une police et une justice d'une grande démocratie, charges terribles qui l'accusent d'avoir abusé de son pouvoir, de sa position et de ses privilèges indéniables pour tenter d'imposer à une pauvre mère de famille l'une des pires violences qu'une femme puisse subir. Et c'est vous, Robert Badinter, qui prenez sans l'ombre d'un doute le parti et la défense de cet homme, sans un mot ni une allusion à cette femme - la victime PRESUMEE, malgré tout. C'est vous, qui avez toujours fait appel à la raison, et aussi à la défense des gens de peu de chose, qui vous laissez aller, ce mardi matin, à ce qui me semble être un pur réflexe de caste, de défense irrationnelle de l'intérêt des plus puissants, contre la réalité des faits qui semble quand même assez forte pour au moins appeler à quelque mesure et à quelque retenue dans les marques de soutien apporté à cet homme, car ce soutien inévitablement apparaît comme une tentative de nier, au mieux de minimiser une sordide et violente agression dont tout semble pourtant indiquer qu'elle a bien eu lieu. Et comment vous, à l'intelligence si affûtée, pouvez-vous ne pas voir que ce réflexe unanime de la caste dirigeante à protéger l'un des siens fait le lit de l'ennemie la plus intime de notre démocratie et de nos principes, la seule à avoir eu jusqu'ici quelque mots, hélas, terriblement justes, pour cette femme de ménage ?
Je ne sais plus quoi penser désormais de ces dirigeants socialistes qui semblent définitivement avoir perdu le sens des réalités. J'espère qu'il ne s'agissait que d'un dérapage passager sous le coup d'un désarroi trop grand, même pour des responsables politiques ayant vécu bien d'autres coups durs. J'espère surtout que ces quelques jours honteux ne laisseront pas une trace trop durable dans l'esprit des français, déjà fort désespéré et désorienté par la tournure générale des événements et la vacuité apparente de ses "élites".
Bien à vous

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