Invité de la Fête de l’Humanité, ce samedi 17 septembre, Robert Badinter a introduit sa conférence en lançant un appel à signer la pétition contre la condamnation à mort de Troy Davis, aux Etats-Unis.
« Si nous obtenons 100 000 signatures, j’ose espérer 300 000, en provenance de la Fête de l’Humanité en deux jours, ce sera de nature à impressionner même en Georgie » a déclaré Robert Badinter, invitant chacun à signer la pétition contre la condamnation à mort de Troy Davis.
Condamné pour le meurtre de Mark Allen MacPhail, policier abattu le 19 août 1989 à Savannah, État de Géorgie, sa date d’exécution est fixée au 21 septembre 2011. « La peine de mort c’est toujours un être humain qu’on prend et qu’on tue ; et c’est ce que nous n’accepterons jamais, il ne peut pas y avoir de justice qui tue » a martelé le grand avocat, acteur déterminant de l’abolition de la peine de mort en France, avant de prononcer sa conférence dans le cadre de l’Université Populaire de l’Humanité.
Signer la pétition contre la condamnation de Troy Davis sur le site d’Amnesty International.
> Lire l'article et voir la vidéo sur le site de L'Humanité
2011 : des états tuent encore et toujours.Insoutenable,révoltant.
- ... Cette justice d'élimination, cette justice d'angoisse et de mort, décidée avec sa marge de hasard, nous la refusons. Nous la refusons parce qu'elle est pour nous l'anti-justice, parce qu'elle est la passion et la peur triomphant de la raison et de l'humanité ... -
Discours de Robert Badinter à l'Assemblée nationale, le 17 septembre 1981.
Rédigé par : Alexandre TERRAT | 20/09/2011 à 20:19
Il est aujourd'hui déplorable qu'un pays que tout le monde dit "démocratique" pratique encore de nos jours le meurtre, l'assassinat légal. Peu nous importe de savoir si la personne est coupable ou innocente. Respectons enfin la déclaration UNIVERSELLE DES DROITS DE L'HOMME
Rédigé par : mirella | 20/09/2011 à 20:24
la peine de mort est un crime légal, la vengence n'est pas la justice, la loi du talion n'a jamais apaisé les souffrance. Je m'oppose donc aujourd'hui et dans l'absolu à toutes exécutions capitales sous couvert d'une fausse justice.
Rédigé par : marin marc | 20/09/2011 à 20:28
Liberté!
Rédigé par : Michel Camou | 20/09/2011 à 22:25
Pour une vraie justice
Non à une condamnation qui nous fait honte
Rédigé par : NADINE RIVIERE-MENES | 21/09/2011 à 16:48
Aucune certitude quant à sa culpabilité, et je suis contre la loi du Talion, donc contre la peine de mort ! je demande la révision du procès de Troy Davis au vu des éléments pouvant l'innocenter.
Rédigé par : caroline SZCZEPANSKI | 21/09/2011 à 18:47
Le problème de l’injustice et de la Grâce
La mort scandaleuse de Troy Davis, - bien que semblant sans rapport au plan des raisons qui décidèrent de cet acte -, de celle du guillotiné Jacques FESCH en 1957, est de nature à nous interpeller.
«On a guillotiné un saint » tel est le sentiment de ceux qui suivirent l’évolution spirituelle de Jacques FESCH, dont les lettres de prison amèneront bien des conversions (1) qui pour sa part avait tué un policier.
Dans la situation de Troy Davis, aucun élément ne semble prouver qu’il commettait l’acte reproché, sur la foi de prétendus témoins puisque reconnaissant que leurs dires furent imposés par la police, et qu’ils se rétractèrent.
Selon ce que rapportent les témoins des derniers instants de Troy Davis, ce dernier n’a cessé de prier, même pour ceux qui le condamnèrent, lui qui clama sans cesse son innocence.
I
La prière en faveur des bourreaux, qu‘il s’agisse de juges, de policiers, de l’homme d’Etat qui refusa la grâce humaine, ne saurait spirituellement les laver de leur responsabilité, car si la miséricorde de Dieu est infinie, les règles de l’économie divine veulent que chacun soit amené à réparer ses fautes dès lors qu’elles résultent d’un choix, d’une prise de conscience préalable, expression de notre liberté !
Si relativement à J+C il est dit : « mais malheureux l'homme par qui le Fils de l'homme est livré ! Il aurait mieux valu pour lui qu'il ne fût pas né, cet homme-là ! " (Mat. XXVI, 24), « Car Dieu n'a pas fait la mort, et il n'éprouve pas de joie de la perte des vivants. » (Sag. I, 13), par voie de conséquence, n’aurait-il pas été préférable à tous ces bourreaux de ne pas naître ?
L’interrogation étant posée, la réponse est délicate et nous entraîne vers le Mystère de Dieu.
Relativement à Troy Davis, une question des apôtres me revient en mémoire, celle de la raison pour laquelle l’aveugle est né aveugle, selon l’interrogation pour ses péchés ou les péchés de ses parents : alors que le Sauveur ne dénigre pas les choix exposés, Il répond : «Ni lui, ni ses parents n'ont péché, mais c'est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui. » (Jean IX, 3)
Relativement aux bourreaux, la réponse est encore plus difficile ; sont-ils des instruments alors conscients de la Grâce ?
Ou bien la Grâce opérera-t-elle à cause de leur acte, mais leur absence de conscience les handicapera à bénéficier immédiatement de ce qu’ils ne cherchaient pas à accueillir, s’ils se sont fermés à la Grâce.
II
Si donc c’est pour que les œuvres de Dieu se manifestent en Troy Davis, que cet homme est ainsi mort, il convient bien entendu de prier pour lui – tous les êtres ont besoin de prières – mais aussi de l’associer à nos prière, lui qui aura connu déjà le vrai jugement celui que l’on nomme le Jugement particulier.
Quant aux bourreaux, laissons Dieu les éveiller à la conscience de telle sorte que par leur seul travail, ils parviennent un jour à entrevoir ce qui est la vrai et la seule Justice, celle de Dieu dont la Loi est l’Amour de notre prochain.
Jean-Pierre BONNEROT
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(1) Jacques FESCH : Lumière sur l’échafaud et a6m LEMONNIER : Cellule 18, Ed ouvrières, Paris, nombreuses rééd.
Rédigé par : UnVoyageur | 25/09/2011 à 18:12