La condamnation du génocide arménien "ne concerne en rien la France", pour Robert Badinter. L'ancien président socialiste du Conseil constitutionnel Robert Badinter a estimé jeudi 22 décembre que le texte pénalisant la contestation de tout génocide, dont celui des Arméniens en 1915, était "anticonstitutionnel" en laissant entendre que son vote jeudi était dicté par la présidentielle de 2012.
"Sur la constitutionnalité" de ce texte, "j'exprime ici les plus extrêmes réserves", a dit sur RTL Robert Badinter, ajoutant: "Il s'agit d'un texte qui véritablement à mon sens est anticonstitutionnel". "Ce n'est pas aux parlementaires de dire l'Histoire. Moins encore aux parlementaires français quand il s'agit de faits qui ont été commis en Asie mineure (...) il y a un siècle, où il n'y a eu ni victime ni complicité française. Ca ne concerne en rien la France", a-t-il ajouté.
"Le Parlement français a une compétence qui est inscrite dans la Constitution, il est là pour régler les problèmes qui se posent à la société française, il n'a pas à dire l'Histoire, (ce qui) est l'oeuvre des historiens", a poursuivi l'ancien ministre de la Justice. Et d'insister: "Il ne faut pas que le Parlement édicte des lois mémorielles, ça n'est pas son rôle, ça n'est pas sa compétence". Or, a souligné l'ancien sénateur, "le premier devoir du président de la République est toujours de veiller au respect de la Constitution (...). Il lui appartient de faire en sorte que nous ne prenions pas de risque". (...)
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Voir la tribune parue sur le site du Monde (14/01/12) : "Le Parlement n'est pas un tribunal "
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